Initiative Monnaie Pleine :
réponses à des questions critiques

1) ”La réforme monnaie pleine n’est-elle pas un gigantesque changement de système aux conséquences imprévisibles ?”

Absolument pas ! La monnaie pleine n’est pas une nouveauté, elle existe depuis 2000 ans en tant que pièces de monnaie et depuis plus de 100 ans sous forme de billets de banque.
Le monopole des billets de banque a été voté par le peuple en 1891. La réforme monnaie pleine ne fera qu’étendre ce monopole à la monnaie électronique, afin de l’adapter au développement des technologies digitales. D’un point de vue technique, l’argent scriptural ”privé” sera remplacé par de l’argent scriptural ”public”. C’est exactement la même opération qui s’est faite il a une centaine d’années, et qui a stabilisé le système financier, lorsque les billets des banques privées ont été remplacés par les billets de la Banque nationale.
La monnaie pleine correspond au concept traditionnel de la banque. Les clients particuliers ne verront que peu de différences, et toute conséquence négative pour les banques ou la place financière suisse est exclue, car la période de mise en application sera suffisante et les différentes possibilités qu’a la Banque nationale pour amener la transition pas à pas, permettront tous les ajustements nécessaires.

2) ”L’initiative Monnaie Pleine ne va-t-elle pas conduire à la chute de la place bancaire suisse ?”

Pour quelle raison une devise monétaire sûre devrait-elle nuire à la place financière suisse ?
Bien au contraire, avec un franc qui sera la monnaie la plus sûre du monde, les banques suisses acquerront un avantage concurrentiel par rapport aux autres pays, pour la gestion de patrimoine des clients. L’image de marque des banques suisses repose sur la sécurité, la stabilité et la fiabilité. Ce positionnement stratégique n’en sera que renforcé par la réforme monnaie pleine.
La monnaie pleine est la consécration d’un commerce bancaire traditionnel et solide. Elle permettra aux banques de travailler de façon rentable et durable sur le long terme. Les emplois du secteur bancaires seront assurés, comme le montre aujourd’hui l’exemple de Postfinance, dont le succès ne dépend pas de la création monétaire. En effet, comme Postfiance ne possède pas une pleine licence bancaire, elle n’est pas autorisée à créer de l’argent lorsqu’elle octroie des crédits, mais elle doit le faire avec l’argent que les épargnants ou les banques lui mettent à disposition  ; elle a néanmoins pu réaliser un bénéfice annuel moyen d’environ 600 millions de francs durant ces dix dernières années. Les assurances, ainsi que toute autre entreprise de financement, travaillent aussi de façon rentable sans créer elles-mêmes de l’argent.
Avec la monnaie pleine, la réglementation bancaire pourra être radicalement simplifiée. Au lieu de combattre les symptômes avec toujours plus de lois et de réglementation, le problème va enfin être traité à sa racine  : les opérations financières à grands risques ne pourront plus être faites avec de l’argent créé par soi-même. La monnaie pleine permettra ainsi de réduire considérablement la bureaucratie du système bancaire, ce qui constituera un atout concurrentiel supplémentaire pour la place financière suisse.

3) ”La monnaie pleine va-t-elle conduire à une insécurité des marchés financiers ?”

Pourquoi de l’argent sûr devrait-il provoquer de l’insécurité ? La monnaie pleine peut être mise en place de sorte que les marchés financiers ne le remarquent même pas.
Le passage à la monnaie pleine peut se faire en douceur et sans rupture, de façon à ce que ni les banques ni les marchés financiers ne le sentent durant les premières années. Pour cela, la Banque nationale n’aura qu’à répondre sans restrictions à toutes les demandes de crédits des banques, et à ne pas en augmenter les taux d’intérêt. Ainsi les banques ne remarqueront même pas qu’elles ne peuvent plus produire de l’argent, car il n’y a aucune différence pour une banque de créer elle-même de l’argent gratuitement ou de l’emprunter à un taux zéro à la Banque nationale. Sur le long terme la Banque nationale devra toutefois limiter sa création monétaire afin d’éviter les bulles financières, mais cela pourra se faire progressivement.

4) ”La Suisse peut-elle adopter la monnaie pleine en solitaire ?”

Oui, car un franc reste un franc.
Pour les pays étrangers, peu importe comment la Suisse produit son argent, qu’il ait une couverture or ou pas, ou des réserves minimales de 2, 10 ou 100 pourcent. Ce qui est déterminent pour les pays étrangers, c’est que la Banque nationale ait une ”bonne” politique monétaire, orientée sur la stabilité des prix. Les partenaires commerciaux étrangers ne se rendront absolument pas compte que la Suisse aura passé à la monnaie pleine, car celle-ci ne changera rien aux opérations de change  ; les devises étrangères pourront comme aujourd’hui s’échanger contre des francs suisses. La Suisse profitera des avantages de la monnaie pleine, peu importe que d’autres Etats l’adopte aussi ou pas.

5) ”La monnaie pleine ne met-elle pas en danger l’indépendance de la Banque nationale ?”

Non, la Banque nationale, tout comme le Tribunal fédéral, n’est liée que par la loi, et de ce fait elle est indépendante des interventions du Conseil fédéral, de la politique et de l’économie.
La Banque nationale ne s’occupe que de la masse monétaire et non pas de l’octroi de crédits particuliers ou de la répartition de l’argent. La légitimation démocratique de la Banque nationale pourrait être accrue par la loi d’application qui suivra l’acceptation de l’initiative Monnaie Pleine.

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