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Beaucoup de questions ouvertes à la BNS Réponse à la critique de la BNS concernant l’initiative Monnaie Pleine

En s’exprimant contre l’initiative Monnaie Pleine lors de l’Assemblée générale du 29.04.2016, la tête de la Banque nationale suisse (BNS) s’est détournée de la neutralité politique qu’elle avait jusque là bien gardée. La BNS a esquissé sa position avec quelques mots d’ordre forfaitaires, sans en donner les moindres explications concrètes. Aucuns motifs n’ont été exposés. Dans un débat démocratique, il est nécessaire que des arguments clairs et vérifiables soient produits. Ce n’est pour le moment pas le cas. Le discours de Thomas Jordan se compose essentiellement de malentendus sur l’initiative Monnaie Pleine, de propos alarmistes sans fondement et d’allusions provocantes qui suggèrent que la monnaie pleine ferait faire beaucoup d’erreurs à la BNS et pourrait conduire à une ”grande insécurité” et à une ”restriction des crédits”. Il n’y a là aucune base de discussion sérieuse.

Notre position détaillée contre ce discours.

L’initiative Monnaie Pleine à l’Assemblée générale de la BNS

Déclaration du Dr Reinhold Harringer à l’Assemblée générale de la Banque nationale suisse du 29.04.2016

L’Association suisse des banquiers veut conserver le privilège de la création monétaire

Le 1er décembre 2015, l’Association suisse des banquiers a publié une déclaration relative à l’Initiative Monnaie Pleine.

En guise de réponse, nous avons rédigé une prise de position détaillée.

- « L’Association suisse des banquiers rejette catégoriquement l’Initiative Monnaie Pleine » et prétend, entre autres, que si l’initiative était acceptée, la BNS jouerait avec « la prospérité de notre pays ».
- La critique de l’Association des banquiers est sans fondement : avec l’Initiative Monnaie Pleine, l’approvisionnement en crédits sera assuré comme aujourd’hui. De même, il n’y aura aucune incidence directe sur les taux d’intérêt. Seule la création monétaire sera transférée à la BNS ; l’octroi de crédits aux entreprises, aux particuliers et à l’Etat restera comme jusqu’à présent du ressort des banques.
- A bien y regarder, la critique de l’Association suisse des banquiers se volatilise. C’est un mélange d’ignorance de l’Initiative Monnaie Pleine, de désinformation et de sinistrose.
Cette réaction s’explique lorsque l’on sait que l’Initiative Monnaie Pleine vise à supprimer le privilège des banques de créer de l’argent elles-mêmes, privilège qui fausse la concurrence. Il est bien naturel que ceux qui profitent d’une telle subvention étatique dissimulée se défendent.
- Rappelons à ce sujet ce que Philipp Hildebrand, Vice-Président du géant américain de la finance Blackrock et ancien Président de la BNS, a dit dans le Spiegel du 23.11.2015 : « J’ai appris ces dernières années qu’il ne faut pas toujours écouter les jérémiades des représentants des banques. »
- L’Association suisse des banquiers représente tout particulièrement les grandes banques. Les petites et moyennes banques ne s’y considèrent pas représentées, comme le montre une enquête : à la question de savoir si les banques régionales se sentaient représentées par cette association, 90% de leurs directeurs ont répondu par « non ».

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